L'atrophie progressive de la rétine est l'une des maladies génétiques les plus fréquentes en ophtalmologie vétérinaire. Elle évolue lentement, souvent sans que le propriétaire ne remarque quoi que ce soit, jusqu'au jour où le chien hésite à descendre les escaliers le soir ou se cogne dans les meubles dans l'obscurité.
Comment la rétine perd sa fonction
La rétine contient deux types de cellules photoréceptrices: les bâtonnets, qui assurent la vision dans la pénombre, et les cônes, qui permettent la vision de détail et des couleurs. Dans l'atrophie progressive de la rétine, ces cellules se dégradent. La vision nocturne est généralement la première touchée, avant que la vision de jour ne s'effondre à son tour.
Les gènes impliqués
Plusieurs gènes sont associés à différentes formes de cette maladie. PRCD (Progressive Rod-Cone Degeneration) est la forme la plus répandue, présente dans plus de 40 races. PDE6A et PDE6B participent à la transformation de la lumière en signal nerveux et leur mutation entraîne une dégénérescence rapide des bâtonnets. RPGR est lié à une forme transmise par le chromosome X. BEST1, RPE65 et CNGB1 sont impliqués dans d'autres formes encore.
Un chien qui s'adapte sans qu'on le sache
Le problème majeur est que le chien compense sa perte de vision nocturne en mémorisant l'environnement et en s'appuyant sur son odorat et son ouïe. Les signes ne deviennent visibles qu'une fois la vision déjà significativement réduite.
Ce que Lupi analyse
Lupi identifie les variantes des gènes PRCD, PDE6A, PDE6B, RPGR, BEST1, RPE65 et CNGB1. Pour les éleveurs, le dépistage est essentiel: un accouplement entre deux porteurs produit statistiquement 25 % de chiots atteints. Pour les propriétaires, connaître le statut permet d'adapter l'environnement dès les premiers signes et d'envisager un suivi ophtalmologique régulier.