Dans certaines races, des chiens naissent avec une queue naturellement très courte, voire absente, sans aucune intervention humaine. Ce n'est pas un hasard, ni une anomalie de développement: c'est une mutation génétique ancienne, délibérément sélectionnée dans plusieurs races de travail.
Le gène T-box et le développement de la colonne vertébrale
Le gène T-box (aussi noté T ou BRACHY) code pour un facteur de transcription qui joue un rôle essentiel dans le développement de la colonne vertébrale pendant la vie embryonnaire. En temps normal, ce gène guide la formation des vertèbres caudales qui composent la queue. Une variante spécifique de ce gène provoque un développement incomplet ou absent des vertèbres caudales, donnant naissance à des chiots avec une queue très courte ou inexistante.
Les races concernées
Plusieurs races de bergers sont connues pour cette caractéristique naturelle: le Berger Australien (chez qui la queue courte naturelle est fréquente et acceptée dans le standard), le Pembroke Welsh Corgi, le Bouvier Bernois, le Rottweiler dans certaines lignées. Dans ces races, la mutation a été sélectionnée parce qu'elle présentait un avantage pratique pour le travail avec le bétail.
Une mutation à ne pas doubler
Ce qui rend la génétique de cette queue courte particulièrement importante en élevage: les chiens homozygotes pour cette mutation (deux copies de la variante) ne sont généralement pas viables. L'embryon ne se développe pas normalement. Cela signifie qu'un éleveur ne peut jamais accoupler deux chiens naturellement courts de queue ensemble sans risquer de perdre une partie de la portée. Un chien à queue courte naturelle est toujours hétérozygote pour cette mutation.
Ce que Lupi analyse
Lupi identifie la variante du gène T-box associée à la queue courte naturelle. Pour les éleveurs qui pratiquent des races avec cette caractéristique, connaître le statut de chaque reproducteur est indispensable pour gérer correctement les accouplements.