La surdité congénitale chez le chien n’est pas toujours liée à un problème survenu après la naissance. Dans certaines races, une forme de surdité sensorineurale héréditaire est associée aux mécanismes génétiques qui contrôlent la pigmentation. Ce phénomène est particulièrement étudié chez les chiens présentant certaines robes très dépigmentées. Le Dalmatien est notamment connu pour son risque de surdité congénitale, qui peut toucher une seule oreille ou les deux. Le Bull Terrier blanc, le Setter anglais ou encore l’Australian Cattle Dog font également partie des races chez lesquelles cette forme de surdité a été étudiée.
La pigmentation et l’audition peuvent sembler totalement indépendantes. Pourtant, elles font intervenir certaines populations cellulaires communes au cours du développement embryonnaire. Les mélanocytes, les cellules responsables de la production de mélanine, jouent notamment un rôle dans le fonctionnement normal de certaines structures de l’oreille interne. Une absence ou une mauvaise répartition de ces cellules peut donc être associée à des anomalies de l’audition. C’est ce mécanisme qui explique en partie le lien observé entre certaines formes de dépigmentation et la surdité congénitale. Le gène MITF participe au développement, à la différenciation et à la survie des mélanocytes. Il constitue ainsi un élément important des mécanismes biologiques reliant pigmentation et audition. Chez le chien, des études génétiques ont notamment identifié des associations entre la surdité congénitale et une région du chromosome 20 située à proximité de MITF. Il faut toutefois rester prudent : chez le chien, la cause génétique exacte de la surdité pigment-associée n’est pas encore complètement établie et ne peut pas être réduite à une simple « mutation du gène MITF ».
Le Dalmatien est l’une des races les plus étudiées pour cette forme de surdité. Des études utilisant le test auditif BAER ont montré qu’une partie des chiens de la race présente une surdité d’une ou des deux oreilles. Certaines caractéristiques de pigmentation, notamment la présence de bleu dans les yeux, ont également été associées à une prévalence plus élevée dans certaines populations. La couleur du pelage ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer si un chien est sourd. Deux chiens présentant une apparence similaire peuvent avoir des capacités auditives différentes.
Comment dépister une surdité chez un chiot ?
La surdité congénitale peut être difficile à détecter chez un très jeune chien, en particulier lorsqu’elle ne concerne qu’une seule oreille. Le test de référence est le BAER (Brainstem Auditory Evoked Response), ou potentiel évoqué auditif. Il permet de mesurer objectivement la réponse du système auditif aux stimulations sonores et de déterminer si chaque oreille fonctionne normalement. Un dépistage précoce permet d’adapter l’éducation et la communication avec le chien. Un chien sourd peut parfaitement mener une vie épanouie, mais il bénéficiera notamment d’une communication davantage basée sur les signaux visuels et d’un environnement adapté à ses besoins.
Que peut révéler la génétique ?
Le test ADN Lupi analyse notamment le gène MITF, qui joue un rôle majeur dans les mécanismes biologiques responsables de la pigmentation. L’analyse génétique permet ainsi de mieux comprendre certaines caractéristiques héréditaires liées à la pigmentation et, selon les variants recherchés, certaines prédispositions génétiques propres au chien. En revanche, un résultat génétique sur MITF ne doit pas être interprété comme un diagnostic de surdité. La surdité congénitale pigment-associée est un caractère complexe, et son dépistage repose avant tout sur l’évaluation auditive, notamment par BAER.La génétique permet d’apporter une pièce supplémentaire au puzzle, mais elle ne remplace pas l’observation ni les examens vétérinaires.